Étudier à l’étranger : y avez-vous déjà songé ?

Plus de 1302 étudiants québécois ont participé à un échange universitaire en 2012-2013 [i]

Étudier et voyager. Ces deux mots peuvent vous sembler indissociables. Pourtant, seuls 3,1% des étudiants au premier cycle universitaire ont profité d’une expérience à l’étranger alors que 97 % des universités canadiennes offraient un programme de mobilité internationale en 2012-2013[ii]. Les possibilités sont nombreuses : sessions d’études, stages, écoles d’été, etc. De plus, les retombées de tels programmes sur les étudiants ne sont plus à prouver. Toutefois, plusieurs facteurs les freinent assurément dans leur quête d’aventures.

Près de 70 % des étudiants voient le coût comme un obstacle [iii]

Les études sur le sujet ont démontré que les étudiants sauteraient sur l’opportunité de faire des études à l’étranger si elles étaient abordables et intégrées à leurs programmes d’études.

« Comme étudiante étrangère, je n’ai reçu aucun soutien financier de la part de mon université » explique Judith, une fidèle collaboratrice de CIMTL qui a étudié en Colombie en 2012. « Ceci dit l’expérience a été inoubliable. En étant entourée des bonnes personnes, référées par l’École de langues de l’UQAM, j’ai découvert des quartiers où seule, je n’aurais jamais pu mettre les pieds ».

Outre les coûts, l’intégration au milieu d’accueil et la recherche de logement représentent aussi des contraintes pour les étudiants souhaitant se rendre à l’étranger. Au retour de son stage en Suisse en 2012, Claudia, une jeune professionnelle du milieu de la santé, a cofondé un organisme à but non lucratif pour répondre, entre autres, à ces besoins. « La directrice de la formation clinique en ergothérapie nous avait exposé une problématique : les élèves en échanges ont très peu, voire aucun, contact avec les cohortes et se sentent déboussolés à leur arrivée à l’étranger » explique Claudia.  MILEENIUM [iv] a été ainsi créé en 2013 pour faciliter l’expérience de stage ou d’études à l’international entre les étudiants en ergothérapie de l’Université de Montréal et ceux venant de l’étranger. « Nous avons décidé de lancer MILEENIUM  alors que nous étions encore dans les blues post-voyage ! » se rappelle-t-elle.

Les ressources disponibles varient beaucoup en fonction des universités, et même des facultés en question. Tout comme pour MILEENIUM, plusieurs ressources proviennent des étudiants eux-mêmes, désireux de redonner suite à leur propre expérience. À titre d’exemple, HEC Montréal compte sur son comité étudiant HEChange [v] pour accueillir et divertir les nombreux étudiants internationaux qui fréquentent son établissement. Son programme de parrainage est très apprécié des étudiants internationaux qui ont l’opportunité d’être jumelés à un étudiant local le temps d’une session.

Plus de 80 % des employeurs perçoivent des avantages professionnels aux échanges étudiants [vi]

Selon les résultats d’un sondage publiés par Universités Canada en 2014, « plus de 80 % des employeurs qui embauchent des diplômés possédant une expérience internationale et interculturelle affirment que ces employés rendent leur entreprise plus concurrentielle ». Les expériences internationales sont plus que jamais encouragées et valorisées, représentant même un argument de « vente » des universités auprès de leurs futurs étudiants.

« Mon échange étudiant est sans doute l’expérience la plus enrichissante que j’aie vécu dans ma vie. Ces cinq mois passés en Suède, du haut de mes 22 ans, ont été très formateurs tant au niveau personnel, humain que culturel » raconte Gabrielle, une jeune professionnelle de la finance. « Des inconvénients reliés à cette expérience ? Je ne crois pas qu’il y en a eu : j’ai n’ai vécu que des événements que j’ai saisis comme des opportunités pour grandir » résume-t-elle.

« J’ai été prise en charge par tout un réseau, cela m’a permis de découvrir des choses que la plupart des étudiants d’échanges ne voient pas. J’ai connu et expérimenté la vie comme une travailleuse de la classe moyenne à Bogota alors que la plupart des étudiants restent dans le confort des résidences étudiantes » ajoute Judith. « Je conseille vivement aux étudiants de choisir un pays pour pratiquer une nouvelle langue ».

Et vous, comptez-vous participer à un programme de mobilité internationale ? Si oui, quelles sont motivations ? Appréhendez-vous certaines contraintes ?

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Article par Arielle Rakoto

[i] Répartition des participants aux programmes d’échanges d’étudiants, Québec (Q) – Asie, Australie & Europe (AAE), par établissement universitaire québécois, pour l’année 2012-2013, CREPUQ, 7 juin 2013

[ii] 3,1 % des étudiants à temps plein au premier cycle ont profité des programmes d’échanges étudiants en 2012-2013. Source : Universités Canada, Enquête sur l’internationalisation, 2014.

[iii] Enquête d’Academica Group auprès de 1 400 étudiants, Why don’t more Canadian students study abroad?, 2016

[iv] MILEENIUM, https://www.mileeniummontreal.org/

[v] http://hechange.ca

[vi] Sondage auprès des employeurs de Léger Marketing pour Universités Canada, 2014; et Bureau canadien de l’éducation internationale, Un monde à apprendre : Résultats et potentiel du Canada en matière d’éducation internationale 2014