Un stage à l’ONU : l’expérience en vaut-elle le coût ?

Un stage à l’Organisation des Nations Unies (ONU) constitue un rêve pour bien des étudiants et jeunes diplômés en affaires internationales. L’idée de pouvoir intégrer un milieu multiculturel où l’on côtoie au quotidien des experts d’enjeux internationaux demeure très intéressante, et ce malgré le fait que l’ONU ait défrayé les manchettes ces dernières années pour une raison particulière… La majorité de ses stagiaires ne sont pas rémunérés. L’expérience professionnelle tant convoitée en vaut-elle alors vraiment la chandelle ?

À la recherche d’un réseau de contacts inégalable

Outre les compétences et les connaissances clés développées selon l’affectation, le réseautage reste certainement l’un des principaux avantages recherchés par les quelque 4000 stagiaires non rémunérés qu’accueille l’ONU annuellement.[i]

Laetitia, jeune juriste diplômée en droit et développement international, a effectué en 2013 un stage à l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), une agence spécialisée des Nations Unies située à Genève. Elle abonde dans le même sens : « j’ai eu l’opportunité de rencontrer des jeunes professionnels d’horizons différents tous partagés par une même flamme : contribuer à changer le monde à notre façon. Sur place, j’ai également profité de plusieurs conférences et fait quelques rencontres que je n’oublierai jamais dont une avec Kofi Annan, ancien secrétaire général et mon idole ». Elle reconnaît aussi le paradoxe tant décrié sur la place publique : « travailler pour une organisation internationale est une expérience sans pareil. Toutefois, plusieurs stages sont non rémunérés ce qui est quand même déplorable pour des organisations d’envergures. Le partage géographique des opportunités laisse toujours à désirer ».

Des ressources disponibles pour les jeunes Québécois

La recherche de ressources financières est sans contredit un obstacle à la réalisation d’un projet de stage à l’international, sachant que les sièges des agences onusiennes se situent généralement dans des grandes villes. Les étudiants et jeunes professionnels québécois bénéficient tout de même de plusieurs opportunités de stages accompagnées d’un certain soutien qui varie en fonction de l’organisme en question.

Dans le cadre de son programme de stages à l’ONU, l’ACNU offre un soutien à la recherche d’emploi pendant et après le stage pour les participants sélectionnés.

D’ailleurs, selon un sondage réalisé en 2012 par l’ACNU auprès de 400 participants de son programme de stage, « 94 % des anciens participants ont trouvé du travail dans leur domaine d’intérêt ou de spécialisation dans les six mois suivants la fin de leur stage » [ii]. Sachez d’ailleurs que l’appel de candidatures pour la prochaine cohorte de stagiaires est ouvert jusqu’au 6 mars prochain.

Par le biais d’appels de candidatures, LOJIQ recrute des stagiaires pour des organisations telles que l’UNESCO et L’OIF. LOJIQ offre un soutien financier aux stagiaires sélectionnés et certaines organisations-hôtes offrent également une indemnité complémentaire.

Adressé aux étudiants et détenteurs d’un diplôme de 2e ou 3e cycle, le programme du MRIF offre un soutien financier aux stagiaires sélectionnés. Les domaines de stages sont très variés : les sciences environnementales, l’éducation, le droit et les relations internationales sont quelques exemples des affectations possibles.

L’après-stage : un retour chez soi qui suscite des réflexions

Comme on pourrait l’expérimenter à la suite de n’importe quel type de voyage, le retour d’un stage à l’international peut donner lieu à des questionnements sur les apprentissages effectués. « À mi-parcours de mon stage, je m’interrogeais sur le rôle que jouent les éducateurs et les éducatrices dans notre propre pays. Comment peut-on promouvoir à tous les échelons du système scolaire l’enseignement de sujets pertinents et cruciaux en matière d’éducation ? » se demande Émilie qui revient tout juste de Paris où elle a effectué un stage au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et plus précisément à l’Unité du Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (réSEAU).

Somme toute, moyennant un soutien adéquat, un stage à l’ONU représente un atout pour le ou la stagiaire qui saura exploiter le bagage acquis dans ses projets ultérieurs.

« Mon stage m’a appris que les éducateurs et les éducatrices pour adultes que nous sommes, passionnés de pratiques éducatives et de nouvelles façons de penser, peuvent amorcer un changement significatif de notre petit coin du monde respectif.  Nous avons comme mission d’inspirer les étudiants, les enseignants et les professeurs et à susciter leur intérêt pour ces questions » conclut Émilie.

 

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Article par Arielle Rakoto

 

[i] Selon les dernières données disponibles, l’ONU a employé plus de 4000 stagiaires non rémunérés en 2012-2013, https://www.theguardian.com/world/2015/aug/14/un-employed-thousands-unpaid-interns

[ii] http://unac.org/notre-travail/stages-internationaux/?lang=fr