L’Accord Canada-UE : Un nouvel élan pour le Québec. Retour sur le déjeuner-causerie du CORIM du 21 octobre 2016

Texte par Judith Gendron, collaboratrice de CIMtl.

Vendredi 21 octobre, Connexion Internationale a participé au déjeuner-causerie organisé par le Conseil de relations internationales de Montréal. C’est avec passion que les panellistes Christine St-Pierre, Pierre Marc Johnson, Marie-Anne Coninsx, Stéphane Forget, et Éric Tétrault ont exposé leurs points de vue, mais aussi leurs espoirs au sujet des négociations sur l’Accord Canada-UE. 

Le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) se veut être un accord de nouvelle génération. Fruit de nombreuses années de négociation, il permettrait de dynamiser les échanges commerciaux en abaissant les barrières tarifaires et en réduisant les normes faisant obstacle au commerce transatlantique. Ainsi, un producteur de boeuf canadien pourrait exporter en plus grande quantité des produits vers les marchés européens. Sur la question des marchés publics, une entreprise européenne aurait par exemple plus facilement accès à aux marchés publics canadiens.

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De nombreux panellistes ont insisté sur l’urgence de s’ouvrir aux marchés européens compte tenu du contexte politique actuel aux États-Unis et de la montée du protectionnisme américain. Le Québec, dont l’économie dépend grandement des exportations aux États-Unis, doit s’ouvrir à de nouveaux marchés. Selon Pierre Marc Johnson, négociateur en chef du Québec pour l’Accord économique et commercial global, le marché européen représente un marché en expansion de 500 millions de consommateurs avec l’arrivée de nouveaux membres dans l’Union.

Pour autant, Stéphane Forget, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec et Éric Tétrault, président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec ont insisté sur la nécessité de bien se préparer pour approcher les marchés européens et de demeurer compétitifs. Le Québec, qui a un retard industriel, doit développer ses activités d’exportation pour arriver à la croissance économique. Le gouvernement du Québec s’est à cet effet engagé à soutenir les efforts d’exportation de nos PME. Christine St-Pierre a souligné que la nouvelle stratégie québécoise de l’exportation comprend un investissement de 125,6 millions supplémentaires. Il a été aussi mentionné qu’une des clés du succès de la croissance économique consiste à soutenir les efforts en innovation.

Jean Charest a finalement donné le mot de la fin, dans un discours laissant entrevoir une grande passion pour la politique, en rappelant que plus d’une centaine de millions de personnes ont amélioré leur qualité de vie grâce aux accords commerciaux. La montée du protectionnisme américain change l’articulation des rapports commerciaux à l’échelle internationale. L’intérêt grandissant de la Chine pour le Canada serait une illustration de ce changement, et le Québec doit se positionner comme leader en étant aux tables de négociations.

Ce déjeuner-causerie avait lieu alors que le CETA était en péril suite à un blocage wallon. Après une semaine de négociation depuis la conférence, un accord a finalement été trouvé et la signature de l’accord prévue pour le 30 octobre 2016.