Cyberattaque « Wannacry », sécurité internationale et coopération internationale : les nouveaux enjeux de la génération 2.0

Alors que l’émergence de « Wannacry », cette cyberattaque mondiale sans précédent, a touché près de 150 pays; notre mode de vie est de plus en plus amené à dépendre des nouvelles technologies. La récente mission du gouvernement du Québec en Israël, marquée par la signature d’une entente bilatérale entre Hydro-Québec et l’Israel Electric Corporation nous amène à nous interroger sur ce sujet.

En effet, la menace d’une cyberattaque sur les opérations d’un réseau électrique semble être à prendre aussi sérieusement qu’une attaque bactériologique ou terroriste. Dans l’optique de scénarios catastrophes, imaginons une ville de la taille de Montréal plongée dans le noir ou une compagnie d’électricité perdant le contrôle et la connaissance de ce qui se passe sur son réseau électrique. L’impact économique pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Bien que ce type de scénario catastrophe cliché demeure lointain, il demeure que la fréquence et la sophistication des attaques se sont considérablement développées.

Décloisonner les bonnes pratiques

Les enjeux de cybersécurité sont à l’agenda de nombreuses instances multilatérales, et un des besoins premiers est d’augmenter la collaboration, le partage d’informations entre les entités publiques et privées. Le Forum international de la cybersécurité à Lille cristallise à cet effet ce qui peut être vu comme le produit d’une coopération internationale entre des entités publiques et privées.

Fondé par le général Marc Watin Augouard, ce forum rassemble des participants du milieu de la recherche académique, des milieux industriels et institutionnels. Plus des 300 exposants ouvrent les débats avec pour objectif d’accélérer le développement de partenariats et de développer le marché européen de la cyberdéfense.

Le Canada est-il trop lent?

Le gouvernement fédéral a quant à lui mis en place des initiatives encourageantes de lutte contre la cybercriminalité, il demeure pourtant que répondre et prévenir toutes les menaces est un exercice qui demande de nombreuses capacités. Si la plupart des gouvernements sont conscients de la menace, la réponse à y apporter est peut-être aussi complexe celle à attribuer à la lutte aux changements climatiques.

Or, certains gouvernements ont choisi d’investir massivement dans ce secteur, vu comme un secteur d’avenir. Selon le chercheur Mourad Debabbi, certains États ont un arsenal composé de 180 000 personnes travaillant à temps plein, ce qui représente 3 fois la taille des forces canadiennes. Ce n’est que tout récemment que les forces canadiennes ont décidé d’annoncer la création d’un nouveau corps de métier entièrement dédié à la cyberdéfense.

Autre élément troublant : quatorze années ont été nécessaires pour que le gouvernement canadien signe et ratifie la Convention internationale sur la cybercriminalité, signée dans l’ombre du 11 septembre 2001 alors que, comme le mentionne Benoît Dupont, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en Cybersécurité, cette convention est déjà obsolète : « nous nous acheminons vers un monde d’intelligence artificielle et où la technologie devient un outil diplomatique très dominant ».

Au final, les États collaborent sur certains enjeux tels que la lutte à la cybercriminalité, comme l’illustre Interpole, et ce alors qu’ils sont sous la forme d’une compétition plus ou moins affichée.

Le mot de la fin? Est-il réellement de la responsabilité des gouvernements de protéger les citoyens et les entreprises de la cybercriminalité? Les réponses y sont nombreuses.

Si nous voulons éviter les dénis de service de nos cafetières connectées, les usurpations de nos identités et de vol de données, il demeure que des compagnes de communication, de sensibilisation et de prévention semblent être une première avenue à continuer de développer.

Pour plus d’information :

https://coeurdessciences.uqam.ca/component/eventlist/details/632-la-cybersecurite-est-elle-possible.html

https://www.forum-fic.com/

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1001159/un-nouveau-metier-au-sein-des-forces-armees-pour-se-proteger-des-cybermenaces

http://www.benoitdupont.net/

Crédit photo : Délégation de l’Union Européenne aux États-Unis

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Par Judith Gendron